La cité qui a rendu Homère crédible
En 1876, Heinrich Schliemann fouilla la terre meuble à l’intérieur de la Porte des Lions de Mycènes et trouva de l’or. Pas métaphoriquement — de l’or véritable : masques funéraires, coupes, diadèmes, épées et un mobilier funèbre royal suffisant pour remplir plusieurs salles du Musée archéologique national d’Athènes. Il télégraphia aussitôt au roi de Grèce : « J’ai contemplé le visage d’Agamemnon. » Le masque découvert était presque certainement antérieur à Agamemnon de 300 ans, mais la découverte accomplit quelque chose de plus important que la confirmation de la légende homérique : elle prouva que Mycènes, la ville qu’Homère décrivait comme « riche en or » et siège du roi le plus puissant de la Grèce de l’Âge du bronze, avait réellement existé.
C’est le fait animateur d’une visite ici. Mycènes n’est pas une ruine au sens conventionnel — un beau fragment de quelque chose qui fut jadis entier. C’est une cité fouillée, délibérément détruite par ses voisins argiens vers 468 av. J.-C., puis essentiellement oubliée pendant deux millénaires, jusqu’à ce que Schliemann arrive avec sa pelle et son obsession. La Porte des Lions se dresse encore à une hauteur quasi originale. Les voûtes en encorbellement du Trésor d’Atrée sont intactes. Les remparts de la citadelle — construits avec des pierres si grandes que les Grecs de l’Antiquité supposaient que seuls des Cyclopes avaient pu les déplacer — entourent encore le sommet de la colline.
Mycènes est à 26 km au nord de Nauplie et s’associe naturellement à Épidaure pour une journée complète depuis Nauplie, ou comme étape sur la route d’Athènes vers le sud du Péloponnèse.
La Porte des Lions et les remparts de la citadelle
L’approche de l’entrée principale reproduit exactement l’expérience d’arriver dans une citadelle de l’Âge du bronze telle qu’elle fut conçue : on marche vers un arc de décharge triangulaire imposant, au-dessus duquel deux lionnes sans tête encadrent une colonne centrale, symbole du pouvoir royal mycénien. Les têtes étaient des pièces séparées, probablement en bronze, disparues depuis longtemps. Le portail lui-même mesure trois mètres et demi de large — assez pour un char — et le linteau qui surmonte l’entrée pèse quelque 20 tonnes.
Les remparts de la citadelle, appelés Cyclopéens parce que les Grecs classiques croyaient que seuls des Cyclopes pouvaient avoir déplacé de telles pierres, font en moyenne six mètres d’épaisseur et atteignent huit mètres de hauteur par endroits. En longeant la face intérieure, on perçoit clairement la technique de construction : de grandes pierres irrégulières assemblées sans mortier, de plus petites calées dans les interstices — un système qui a survécu à 3 200 ans de tremblements de terre. Les Mycéniens du XIIIe siècle av. J.-C. bâtissaient mieux que beaucoup de civilisations ultérieures.
L’entrée coûte 12 € pour les adultes, 6 € tarif réduit (tarifs 2026) ; le billet couvre à la fois la citadelle et le musée archéologique sur place. Horaires : 8h00–20h00 d’avril à octobre, 8h00–15h00 de novembre à mars.
Le Cercle de tombes A et la découverte de Schliemann
Juste après la Porte des Lions, sur la droite, une enceinte circulaire de dalles dressées marque le Cercle de tombes A — les tombes à fosse où Schliemann fouilla en 1876. Les tombes elles-mêmes se trouvent sous le niveau actuel du sol ; on les contemple depuis le chemin de l’enceinte. Six tombes à fosse furent découvertes ici, contenant 19 corps et environ 14 kg d’objets en or — le plus riche mobilier funéraire de l’Âge du bronze jamais trouvé en Europe à l’époque de la découverte.
Les objets funéraires sont désormais à Athènes, au Musée archéologique national (salle 4, la collection mycénienne — l’une des plus belles présentations d’artefacts antiques en une seule salle). Si vous prévoyez de visiter Athènes avant ou après, voir les originaux dans leur contexte muséal rend le site de Mycènes bien plus lisible.
Le Cercle de tombes B, fouillé dans les années 1950, se trouve à l’ouest des remparts de la citadelle ; il est antérieur au Cercle A d’environ 100 ans et est accessible, mais moins fréquenté.
Le Trésor d’Atrée
Ne repartez pas sans marcher 500 mètres au sud de la porte d’entrée principale jusqu’au Trésor d’Atrée, également connu sous le nom de Tombe d’Agamemnon (aucun des deux noms n’est archéologiquement exact, mais les deux ont perduré). Il s’agit d’une tholos — une chambre souterraine en forme de ruche construite vers 1250 av. J.-C., accessible par un dromos (couloir d’entrée) de 36 mètres bordé de pierres.
Les chiffres méritent d’être connus avant d’entrer : la coupole en encorbellement s’élève à 13,5 mètres au-dessus du sol et mesure 14,5 mètres de diamètre à la base, ce qui en fait le plus grand espace voûté du monde antique pendant environ 1 300 ans — non dépassé en diamètre avant le Panthéon de Rome. La construction nécessita des pierres progressivement encorbellées vers l’intérieur sur 33 assises jusqu’à ce qu’elles se rejoignent en un point. L’effet, à l’intérieur, est celui d’une cage thoracique d’une créature gigantesque. La seule source de lumière est ce qui entre par le dromos, ce qui rend la transition du vif soleil argolien vers l’obscurité fraîche de l’intérieur très impressionnante.
Un deuxième tombeau à tholos, le Trésor de Clytemnestre, est adjacent et tout aussi remarquable. Les deux sont compris dans le billet principal du site.
Visiter Mycènes avec un guide
Le site couvre une grande superficie sur un flanc de colline exposé, sans ombre. Par un après-midi d’été, la chaleur sur les chemins calcaires est féroce, et le manque de panneaux d’interprétation rend les ruines difficiles à contextualiser sans lecture préalable. Une visite guidée résout ces deux problèmes : on avance efficacement, on s’arrête aux bons endroits, et l’archéologie prend vie grâce aux récits.
La excursion en petit groupe Mycènes, Nauplie et Épidaure au départ d’Athènes est le format le plus populaire — une journée complète combinant les trois grands sites de l’Argolide avec un commentaire expert. Pour une expérience plus centrée sur Mycènes, la visite privée de Mycènes en demi-journée vous permet de consacrer tout le temps à la citadelle et aux tombes sans devoir vous presser.
Pour un circuit complet incluant l’Ancienne Corinthe, la visite du Canal de Corinthe, Mycènes et Nauplie couvre le canal et le circuit argolide en une seule journée. La planification détaillée de cet itinéraire figure dans le guide de l’excursion en Argolide.
Y aller et combiner avec d’autres sites
En voiture depuis Athènes, le trajet passe par le Canal de Corinthe (une halte de 15–20 minutes est facile à prévoir), puis au sud par l’E65 et l’E94 jusqu’à la sortie Mycènes — environ 1h30 depuis le centre d’Athènes. Depuis Nauplie, c’est 30 minutes au nord par l’ancienne route Argos–Corinthe.
La séquence pratique pour une journée : arriver à Mycènes à 8h30 quand le site ouvre et que la chaleur est encore supportable, consacrer deux à trois heures à la citadelle et aux deux grandes tholos, puis rejoindre Nauplie pour le déjeuner (25 minutes) et continuer jusqu’à Épidaure pour l’après-midi. C’est une journée bien remplie mais sans excès.
La logistique détaillée et les options d’hébergement dans la région de l’Argolide figurent dans l’itinéraire 5 jours Athènes–Péloponnèse. Une présentation plus large des sites à voir dans la région est disponible à destinations.